photo by Draxshar
Parfois tu t’enfonces, tu tombes
Mon amour, que trouves-tu donc
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photo by Draxshar
Parfois tu t’enfonces, tu tombes
Au sablier des jours, les grains peu à peu ont coulé,
Les aubes aux nuits ont succédé, avec leurs promesses
Même si a trop vouloir croire aux midis on se blesse,
Viennent les soirs, et les fleurs aux parfums exhalés.
L’enfant en toi voudrait encore et encore parler,
Oh pas comme ça non, pas devant ce nouveau visage,
Un peu en retrait, juste derrière le regard sage
De cet adulte en devenir, face à la vie désarmé.
Tes vérités entières, tes intimes émois, sont autant de toi
Qu’il te faut déjà conquérir, dompter, et bientôt polir,
Sais-tu déjà qu’une vie entière n’y voudra suffire,
Et qu’à chaque aube tu pourras dire : j’avance d’un pas.
Va, le temps n’existe pas, on n’y peut repartir,
Le présent ne vaut pas, regarde le, il est déjà passé,
Tu sais que futur ne peut s’écrire avec le mot fuir,
Allez, formes le en deux mouvements : ton « à venir ».
couleur pourpre
Les fermiers généraux percevaient à leurs profits les taxes des lettres, à charge pour eux d’organiser le service postal. Le contrat passé avec l’état était passé sous forme de bail, renouvelable tous les neuf ans et payable chaque année.
Mais la période de renouvellement des baux était synonyme d’inquiétude. Les messagers qui postulaient pour un second ou un troisième bail pouvaient, du jour au lendemain, fermer leur entreprise. C’est à la fin du mois de juin, époque de la récolte des foins et du fourrage que la ferme générale des postes annonçait son intention de renouveler les baux. La durée de ces derniers était calquée sur celle que la ferme générale tenait elle-même du roi. Le prix du fermage des routes était plus ou moins élevé suivant la grandeur du domaine d’exploitation. Tout particulier disposant de chevaux et d’une voiture pouvait faire une soumission comme entrepreneur de messagerie.
Mais qui étaient ces hommes qui désiraient obtenir un tel bail ? Des bourgeois, des marchands, des voituriers, des maîtres de poste, des aubergistes, des cabaretiers et des hôteliers, des laboureurs, des négociants, des postillons, bref la liste des professions est très large. Car la messagerie n’est pas une activité à part entière, excepté pour les grosses « entreprises », mais seulement une activité complémentaire. Ainsi, les laboureurs employaient leur cavalerie sur deux activités, le labourage et la messagerie et rentabilisaient les dépenses de leurs exploitations par les recettes générées par la messagerie. De même, les bâtiments nécessaires à l’exploitation des routes n’étaient pas réservés au seul usage de la messagerie, ils servaient également d’habitation, d’auberge. On peut aisément comprendre que les bénéfices engrangés par l’activité postale puissent faire leur fortune.
Mais les chances d’obtenir un tel bail n’étaient pas égales pour tous. En plus de solides bases financières, il convenait d’avoir de bonnes recommandations, le temps des intrigues étant alors largement ouvert. En plus des règles générales encadrant la profession de messagers, les entrepreneurs se devaient de respecter les clauses propres au bailleur. Ainsi, ils pouvaient par exemple avoir une clause stipulant qu’ils devaient conduire gratuitement les employés du bailleur, transporter obligatoirement les lettres d’un puissant personnage, tel le prince de condé par exemple.
En 1672 avec Louvois, le service des Postes fait l'objet d'un bail applicable à tout le territoire : la ferme générale des Postes. Il confie donc les postes, les relais et les messageries à un fermier général qui va gérer toute l’administration et recevoir tous les produits des postes du royaume moyennant un forfait de 2 700 000 livres. Deux autorités se partageait la direction : le Surintendant général des postes et le fermier général. Le premier négociait les baux, fixait les tarifs, veillait au bon fonctionnement du service postal, le second s’occupait de la mise en œuvre réelle de l’exploitation.
Progressivement, le service postal va évoluer et se distinguer par un service tourné vers les marchandises et un autre destiné entièrement
aux transport des lettres. Ils vont pourtant restées étroitement liés d’où une grande difficulté à faire la distinction.
Les mangeux d'terre
Je r'pass' tous les ans quasiment
Dans les mêm's parages,
Et tous les ans j'trouv' du chang'ment
De d'ssus mon passage;
A tous les coups c'est pas l'mêm' chien
Qui gueule à mes chausses;
Et pis voyons, si je m'souviens,
Voyons dans c'coin d'Beauce.
Y avait dans l'temps un bieau grand ch'min
- Cheminot, cheminot, chemine! -
A c't'heur' n'est pas pus grand qu'ma main...
Par où donc que j'chemin'rai d'main?
En Beauc' vous les connaissez pas?
Pour que ren n'se parde,
Mang'rint on n'sait quoué ces gas-là,
l's mang'rint d'la marde!
Le ch'min c'était, à leu' jugé
D'la bonn' terr' pardue:
A chaqu' labour i's l'ont mangé
D'un sillon d'charrue...
Z'ont groussi leu's arpents goulus
D'un peu d'gléb' tout' neuve;
Mais l'pauv' chemin en est d'venu
Minc' comme eun' couleuve.
Et moué qu'avais qu'li sous les cieux
Pour poser guibolle!...
L'chemin à tout l'mond', nom de Guieu!
C'est mon bien qu'on m'vole!...
Z'ont semé du blé su l'terrain
Qu'i's r'tir'nt à ma route;
Mais si j'leu's en d'mande un bout d'pain,
l's m'envoy'nt fair' foute!
Et c'est p't-êt' ben pour ça que j'voués,
A m'sur' que c'blé monte,
Les épis baisser l'nez d'vant moué
Comm' s'i's avaient honte!...
O mon bieau p'tit ch'min gris et blanc
Su' l'dos d'qui que j'passe!
J'veux pus qu'on t'serr' comm' ça les flancs,
Car moué, j'veux d'l'espace!
Ousqu'est mes allumett's?... A sont
Dans l'fond d'ma pann'tière...
Et j'f'rai ben r'culer vos mouéssons,
Ah! les mangeux d'terre!...
Y avait dans l'temps un bieau grand ch'min,
- Cheminot, cheminot, chemine! -
A c't'heur' n'est pas pus grand qu'ma main...
J'pourrais bien l'élargir, demain!
Gaston Couté
Ainsi, à cette époque, le territoire est-il partagé en autant d’exploitants qui perçoivent le revenu des lettres pour leur propre compte. Car l'état, en leur louant le droit de messagerie, leur laissait toutes l’attitude pour aménager l’activité postale comme ils le voulaient et en contrepartie, ils gardaient pour eux le revenu dégagé par le port des lettres et paquets. Aucune structuration, aucune volonté commune, seule ne comptera pour ces « propriétaires » que le prestige de la fonction et les revenus qui en découlent.
Cette organisation sera remise en cause par la création, en 1672, de la Ferme Générale des Postes. A partir de cet instant, le pouvoir va être concentré entre les mains d’un financier unique, le Fermier Général des Postes, qui, moyennant le prix d’un bail, exploitera les postes à son profit.
Comme je l’ai déjà dit ci-dessus, les universités avaient développées leur activité de messagerie (réservé au départ aux seuls étudiants) simplement parce qu’elle était une source de revenu non négligeable. En fait, lorsqu’un messager partait, il lui était facile d’emmener quelques missives ou quelques paquets de particuliers. Les universités l’avaient bien compris. Cette activité, tentante, découlait aussi d’un besoin. Le prix demandé pour faire partir un courrier par la voie officielle revenait très cher. Et pour répondre aux besoins grandissant de la population, de nombreux modes de circulation non officiels prennent forme. Il faut bien comprendre qu’à cette époque, les marchandises telles que denrées périssables, étoffes, matériau de construction se côtoyaient sur les routes et quoi de plus tentant de profiter de ces départs pour ajouter qui une lettre, qui une poule ?
Ainsi d’un coté un service privé composé de Coches, de carrosses, de chevaux de louages, de voituriers et de l’autre un service « public » regroupant les messageries royales, et les messageries universitaires.
Des directives royales vont tentés de reprendre le contrôle de cette situation en intégrant petit à petit les usages et les besoins de la population. C’est ainsi que le service « public » et privé va se côtoyer encore une centaine d’années en offrant des services similaires mais pas avec les mêmes devoirs ni les mêmes droits. Plus tard, vers le XVIIIe siècle, se rajouterons les diligences, les pataches, les turgotines et autres véhicules.
« Étienne Ausergent pâtissier à Lochy, âgé de 42 ans et soubs poil blond prend l’engagement en 1636 envers jacques Maindestre, maître de poste à Bourges, de lui servir de postillon, pour satisfaire à l’ordre du Roy moyennant 15 livres tournois. Le cheval harnaché et les bottes seront fournis par le dit Maindestre, dont le bureau est établi rue Saint-Sulpice à Bourges. » Archives Départementales du Cher - Série E 1274
En 1637, Jacques Maindestre fait une déclaration au même notaire « concernant un litige avec Guillaume Martinet, maître de poste de Neuvy-sur-Barangeon chargé de lui remettre un paquet du Roy à son adresse, Martinet exige de faire l’ouverture du dit paquet avant de le remettre. Maindestre refuse ce comportement et refuse également le remboursement des frais de voyage de Martinet. » Archives Départementales du Cher - Série E 1274
« En 1647, François Minard maître des courriers, contrôleur provincial des postes en généralité du Berri accorde le bail à ferme de la poste aux lettres de Bourges à Claude Roy, bourgeois pour une durée de trois ans et demi moyennant 800 livres chaque année payable par quartiers. » Archives Départementales du Cher - Série E 1543
« Jean Chiffet, maître bourrelier s’engage en 1689, envers Claude Roy voiturier par terre, à entretenir pendant six ans les harnais de deux chevaux, un de limon et un de trait, en les harnachant de neuf tous les deux ans : cela moyennant la somme annuelle de 27 livres et avec la possibilité d’une journée de charroi des dits chevaux. » Archives Départementales du Cher - Série E 1536
Les « diligences » ne désignent pas un type de véhicule mais un service accéléré de transport de voyageurs. Jusqu’en 1770, la
diligence n’est qu’un carrosse tiré par des chevaux de relais en relais. Le service de diligence fait donc directement concurrence à la poste aux chevaux, seule détentrice de la vitesse permise
par le relayage. C’est la raison principale pour laquelle les services de diligences seront pratiquement inexistants jusqu’en 1775.
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