La poste aux chevaux trouve son origine dans la séparation des chevaucheurs du roi en deux corps distincts : les « courriers de cabinet », courriers royaux, et les « postes assises », à l’origine, des relais installés toutes les sept lieues. Un chevaucheur pouvait effectuer alors près de trois à quatre relais par jour (80 à 100 km). Elle fait son apparition en France à la fin XVe siècle. Telle que mise en place, elle se définit comme une entreprise chargée de mettre des chevaux à la disposition des particuliers ou de certains services publics. Son point d’ancrage est le relais poste. Il s’agit d’établissement installé le long d’itinéraire prédéterminé et doté d’un certain nombre de chevaux, lesquels vont permettrent de couvrir de grandes distances. Les voyageurs n’ont plus à se préoccuper de la fatigue de l’animal, les postillons étant là pour le ramener à son point de départ.
« Une sommation est faite en 1632, par le sieur Chireix, prêtre de l’église du Crot en Auvergne à léonard Boursault, Chevaucheur de l’écurie du Roy et messager ordinaire à Bourges, de recevoir 2 chevaux loués à Paris par ledit Chireix au facteur du dit Boursault. Celui-ci refuse de les admettre, en raison du mauvais état dans lequel ils lui ont été présentés. » Archives Départementales du Cher - Série E 1060.
Le pouvoir royal, par le biais du roi Louis XII en 1506, met le service des relais à la disposition des voyageurs. Ce qui représentait un net progrès. Dorénavant, les voyageurs, les marchandises, et les lettres et paquets vont voyager de concert. Et en 1527, François Ier octroie le privilège exclusif des chevaux aux maîtres de poste de la route de Paris à Lyon. Cela impliquait que tout déplacement devait se faire par l’intermédiaire des Maîtres de poste. La situation politique et la guerre en France, sous Charles IX, va dégrader cette institution. C’est dans ce contexte que le pouvoir royal porte un premier « mauvais » coup aux universités par lettre patente de novembre 1576. Dans ce texte, le roi autorise l’établissement des coches par terre et par eau pour le transport des voyageurs et des bagages de Paris à Troyes, Rouen, Orléans et Beauvais. La royauté cherche ainsi à créer un monopole de transport public à son usage et à mettre les messageries universitaires en concurrence. Auparavant, l’état n’avait aucun contrôle sur le transport du courrier puisqu’il vendait des offices et/ou des brevets à celui qui pouvait les acheter. Et pour ce qui concerne les Universités, le Roi n’a aucun contrôle sur leurs messageries.
Ainsi, jusqu’en 1576, les messageries universitaires vécurent des jours heureux car détentrices d’un monopole de fait, sinon de droit et elles furent suffisamment sages pour se garantir contre certaines concurrences, par exemple en ce qui concerne le transport des prisonniers et celui des sacs de procès tant civils que criminels. De 1420 à 1533, de nombreux arrêts consacrent leurs droits sur ce point et accusent leur tendance au monopole exclusif. Certes, il y eut bien quelques procès entre les universités et les messagers royaux mais ce fut sporadique. On peut dire que ces deux services vécurent en excellente intelligence.
Si la poste aux chevaux rentre dans le domaine du service public, les relais, eux, sont la propriété des maîtres de poste. En contrepartie de l’exemption d’impôts comme la taille, ils ont l’obligation de fournir des chevaux aux transports des lettres et d’avoir toujours un nombre suffisant de chevaux dans leurs écuries. C’est ainsi qu’ils devaient veiller au bon état général de leur cavalerie et par conséquent à vendre et acheter de nouveaux chevaux. Un contrat de vente concernant Jean Changeux, Maître de poste à Neuvy-sur-Barangeon en 1622, en atteste.
« Vente pour le prix de 800 livres, par Jean Changeux, Maître des postes à Neuvy-sur-Barangeon, au profit de guillaume Poupardin, sieur de la Moquetterie, de cinq chevaux dont trois de sous poil bai et un de sous poil noir, ayant crins, queues et oreilles, et un de sous poil gris sans oreille. » Archives Départementales du Cher - Etude de maître Clerjaut (1622) Série E 1753
Au XVIIe siècle, le transport de la correspondance relève autant du domaine royal que des universités. Nul n’est autorisé à transmettre des
missives sous peine d’amendes lourdes et parfois de la perte de sa vie. Les universités, les messagers royaux, les concessionnaires de messagerie, ont tous obtenu, en leur temps, leur droit
d’exploitation de l’autorité monarchique. Ces « propriétaires » n’exercent pas l’activité acquise par eux-mêmes mais font exploiter leur domaine par des fermiers, lesquels peuvent à
leur tour louer leur droit à des sous-fermiers. En effet, le système d’affermage existera jusqu’en 1692, remplacé par la suite par des brevets et permettait aux propriétaires des offices
et /ou brevet de louer leur droit. C’était une source de revenu non négligeable mais qui obligeait à avoir d’avance un patrimoine foncier important et des chevaux en conséquences.
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