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Mardi 11 mars 2008

Brouillard et matin
Blanches et froides mes mains
Le poids du sac aux épaules
Come_To_Me_Little_Red_Riding_H_by_DenisOlivier-copie-1.jpg

 

Brumes dans la tête
Les secondes et les gestes
Le froid qui brûle et qui frôle

 

L'heure n'est pas aux projets, regrets passés, oubliés rêves et délires
Si tu ne sais pas où tu vas, l'habitude est là pour te le dire

 

Muscle qui fatigue
C'est l'outil qui te guide
Le feu l'acier qui imposent

 

Douces dans la tête
Des voix, loin, te répètent
Il y a des rêves qu'on ose
Fog_part_III_by_CDcrew.jpg

 

L'heure n'est plus aux projets, regrets passés oubliés rêves et délires
La route est là, ton pas claque pour de vrai, pour ne plus revenir

 

Je prendrai la nationale
Guidé par une évidence
Par une fièvre brutale et je partirai

 

Je prendrai les pluies du Sud
Pures et lourdes à bras le corps
Les tiédeurs et les brûlures et je renaîtrai
J'écouterai les secondes dans les pays arrêtés
Elles durent tout un monde, une éternité
Et quand j'atteindrai le terme quand le tour sera joué
Je n'aurai jamais plus jamais les yeux baissés

 

Oublier les visages
Regretter son sourire
Les larmes au coin de ses cils
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Savoir briser partir
Pour ne jamais haïr
C'est tellement difficile

 

L'heure n'est plus aux projets, regrets passés, oubliés rêves et délires
La route est là, ton pas claque pour de vrai pour ne plus revenir

 

 Jean-Jacques Goldman

 
par enfant des étoiles publié dans : poésie communauté : Les Grands Poètes
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Lundi 10 mars 2008

La Poste aux lettres :

Dès 1463, les maisons du Pont Notre-Dame à Paris reçoivent des numéros et les premiers Bureaux de Poste font leur apparition. Mais c’est Louis XI, grand centralisateur du pouvoir, qui va tracer vers les années 1470-1480, les grandes lignes de ce que deviendra La Poste aux lettres, ceci dans le but de contrôler ce qui ce passe sur son royaume. Il veut «  savoir ce qui se passe chez lui et le savoir avant tout autre » C’est ainsi que le 19 janvier 1464, il proclame l’édit de Doullens qui peut être considérée comme la première loi postale.

« Ma volonté et plaisir est que, dès à présent et d’ores en avant, soient mises et établies spécialement sur les grands chemins de mon dit royaume, de quatre en quatre lieues, personne séables et qui feront serment de bien et loyalement servir le Roy, pour tenir et entretenir quatre ou cinq chevaux de légère taille, bien harnachés et propre à courir le galop durant le chemin de leur traite….Le Roy veut qu’il y ait un office intitulé : Conseiller grand maître des coureurs de France…Les personnes établies de traite en traite seront appelées : maître tenant les chevaux courant pour le service du Roy…Auxquels maîtres est défendu de bailler aucun chevaux à qui que ce soit sans le mandement du Roy et du dit grand maître à peine de la vie. D’autant que le dit seigneur ne veut et n’entend que la commodité du dit établissement, ne soit pour autre que pour son service…Quant aux paquets et lettres envoyées par le dit seigneur, les maîtres coureurs sont tenus de les porter en personne sans aucun délai et sans prendre aucun paiement. »

Louis XI ne supporte pas l’existence des messageries des universités mais il admet la nécessité du transport des ballots et lettres des habitants du pays. Il fait établir en 1482, une poste de correspondance dans les villes de Vierzon, Mennetou-sur-Cher, Romorantin, Villefranche et autres villes du Berry voisine de Bourges.

« Jean Bigonneau voiturier par terre s’engage en 1561 à transporter depuis Lyon jusqu’à Bourges chez François Robinet marchand apothicaire, toute la marchandise de droguerie et épicerie que le dit Robinet entend se fournir et acheter en la ville de Lyon aux prochaines foires s’y tenant. Le tout moyennant la somme de 42 sous 6 deniers le cent pesant. » Série E 1566 A.D.C.

L’Histoire de France n’est pas marquée par un acte politique majeur donnant naissance au transport des lettres puisque le transport du courrier a toujours été. Pour autant, l’aménagement sous forme de réformes, lui, sera continu. Ainsi, en 1584, Henri III va crée des offices de messagers royaux pour effectuer le transport des sacs de procès, mais ils sont autorisés à prendre les lettres des particuliers et concurrencent ainsi les messagers universitaires.

Il faudra attendre Henri IV pour qu’une organisation plus structurante soit mise en place. En 1594, il nomme Guillaume Fouquet de la Varanne Contrôleur général des coches public du royaume. Le 8 mai 1597, ce dernier établit «  des relais de chevaux de louages de traite en traite sur les grands chemins, traverses et le long des rivières, pour servir de voyager, porter malles et toutes sortes de bagages, comme aussi pour servir au tirage des voitures par eau. »

C’est lui qui organise la poste aux lettre en monopole : dépôt, transport et distribution. Les rois, voyant la manne que représentent les revenus de cette poste, commencent par en retirer le bénéfice aux contrôleurs généraux auxquels ils les avaient abandonnés auparavant. Puis, selon la vieille habitude de l’époque, cet empire financier est découpé et vendu à des «  officiers » que l’on pressure à plaisir pour remonter le niveau des caisses de l’état.

Le 16 octobre 1627, le premier de ces officier, Pierre d’Alméras, général des postes, s’inquiète de la rentabilité du système et instaure une taxe fixe que le destinataire de la lettre ou du papier doit payer sans discussion.

Le témoignage d’une grande productrice de lettres est anecdotique. En effet, le 26 avril 1671, Madame de Sévigné écrit à Madame de Grignan, sa fille:

« Il est dimanche et cette lettre ne partira que mercredi… » Et pourtant il y avait urgence puisqu’elle annonçait la mort du  célèbre cuisinier Vatel. Ce dernier venait de se suicider en se passant une épée au travers du corps , parce qu’au dîner du Roi, la marée venant d’un port du nord par une chaise de poste n’était pas arrivé à l’heure. Comme quoi, le retard de la poste peut avoir des conséquences insoupçonnées !

De la première évolution, en 1479, date de la création par Louis XI des « Contrôleurs des Chevaucheurs de l’Ecurie du Roy  tenant Postes Assises », à 1595, année où Fouquet de la Varanne devient Contrôleur Général des Postes, la poste prend un essor économique indéniable. Si les premiers maîtres de poste sont d’anciens chevaucheurs du roi sédentarisés, leurs successeurs doivent acheter leur charge. Ces charges ne sont pas cessibles, ni transmissibles à prix d’argent, mais l’on trouve souvent des dynasties de maîtres de poste et des mariages entre famille.

Pour assurer le service public, ils perçoivent des gages modestes : 180 livres par an pour deux courriers par semaine au début du XVIIe siècle mais les avantages sont plus qu’attractifs. Ils sont exempts de taille jusqu’à 100 arpents de terre et seulement 50 s’ils tiennent auberge, ils sont exempts du dixième et bénéficient, entre autres avantages, de la franchise sur les marchandises. De même, leur fils aîné et leurs postillons ne sont pas soumis au tirage au sort pour la guerre.

C’est ainsi que des institutions anciennes comme les messagers royaux, créés par Henri III pour le transport des sacs de procédure entre les tribunaux, vont disparaître au profit des nouveaux services de la poste aux lettres.

Au cours du XVIIe siècles, les maîtres de poste, qui sont en même temps loueurs de chevaux et achemineurs de lettres voient leur rôle se réduire à celui de fournisseur de chevaux. En effet, en tant qu’organisation autonome, la poste aux lettres apparaît sur le devant de la scène et va monopoliser le transport des missives.

Les maîtres du courrier

A partir de 1630, l’exploitation des Postes, demeurant sous le contrôle du Surintendant, va être vendue à des particuliers appelés «  Maître des Courriers ». Chacun d’eux jouissait du revenu des lettres dans un domaine géographique limité, celui de la généralité. Moyennant la provision de leur office, ils percevaient à leur profit les revenus des ports de lettres. L’édit de 1630 qui les institue leur donnait pouvoir d’établir des « bureaux de dépêches » sur les routes de poste, d’employer à leur frais des commis et des distributeurs ainsi que des courriers, lesquels devaient partir de Paris deux fois par semaine. Une déclaration du roi du 17 juin 1655 les autorise dorénavant à faire partir « à tels jours et heures qu’ils jugeront nécessaires des courriers ordinaire de notre ville de Paris et autres de notre royaume. »

Cette exploitation, basée sur le système des offices, sera remplacée en 1672 par la Ferme générale des Postes. Ces fermes feront la fortune de quelques familles.

« Procuration donné en 1649, pour Marguerite Volant femme de pierre Lantivot, messager ordinaire de l’université de Paris à Bourges, Montluçon et Saint Amand Montrond contenant ratification du bail de la dite messagerie passé par Michel Duneau, moyennant le prix de 1200 livres » Archives Départementales du Cher - Série E1072

Pour autant, la conjoncture politique, climatique ou sanitaire est prise en compte dans le calcul du prix des baux. Une guerre, une sécheresse, une épidémie n’encourage pas les voyageurs à se déplacer.

« Déclaration de Christian Leconte, receveur général des tailles en Berry, que le cocher Morette, s’appuyant des ordres de la mairie, a refusé à diverses fois en l’année 1623, de voiturer de Bourges à Paris les deniers de la recette générale. Son refus est motivé en raison des maladies contagieuses qui règnent dans la capitale. » Série E1190 Archives Départementales du Cher -

Le développement du commerce, son emprise sur le quotidien va forcer les pouvoirs publics à en tenir compte. Il est intéressant de remarquer que le transport des marchandises anticipe le transport des lettres en raison de son importance mais aussi dû au fait que peu de personnes dans le royaume aient accès à l’écriture. Si les pouvoirs publics ont tenus à avoir un système de communication rapide, sûr et discret, le commerce, lui, a toujours exigé l’échange rapide, régulier et souvent volumineux. Cet échange concernait autant les liaisons entre grandes villes que les liaisons dites de traverses.

 

Les courriers et les transporteurs de dépêches sont les principaux acteurs de la poste aux lettres car ce sont à eux que les Directeurs de la poste confient les dépêches (paquets de lettres) qu’il ont préparés à l’expédition. Si les premiers sont les agents directs de l’Administration, les seconds sont des particuliers qui passent un contrat avec l’Administration. Les premiers doivent leur avenir professionnel à leur employeur qui définit les règles d’avancement et les seconds reçoivent une base fixe définie dans leur contrat. Mais tous sont soumis à la même discipline : célérité, sécurité et régularité et les manquements au service sont durement réprimés. Il faut dire aussi que la contrebande et le commerce étaient des activités très développées. Et pour cause ! Les courriers estimaient que leurs appointements étaient insuffisants. Aussi se livraient-ils à un trafic personnel et faisaient ainsi directement concurrence aux fermiers des traites et aux fermiers des messageries.

Sous l’ancien régime, leur dépense étaient double. En effet, le courrier était obligé d’avoir un foyer à Paris et un autre au lieu de sa destination, de posséder des vêtements et du mobilier dans les deux endroits. De plus, les traitements n’étaient pas égaux, certaines routes étant plus rémunératrice que d’autres. C’est ainsi que le courrier de Lyon recevait de l’administration 500 livres par an alors que son collègue de Rennes recevait 1200 livres. Qu’elles pouvaient être les possibilités de promotion et d’augmentation ?

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Dimanche 9 mars 2008

 

Les Archives Départementales du Cher ont conservées les comptes de Denis Grassoreille. Il se retrouve avec un bail passé le 17 mai 1777 pour une activité commençant le 1er juin de la même année avec la veuve Herbert comprenant les messagerie et carrosses de Bourges à Orléans, de Bourges à Paris, de Bourges à Vierzon, de Bourges à Chateauroux et de Bourges à Issoudun. Son investissement comprend la construction d’une écurie, l’achat de 8 chevaux, d’un carrosse de huit places et de 4 fourgons pour la somme de 17 400 livres. Dans son moratoire, adressé au roi, pour obtenir l’indemnité promise, il fait part de ses dépenses ainsi que de ses recettes.

Pour cette première année, le bénéfice net dégagé est de 978 livres et 2 sols. Par un premier arrêt du 7 août 1775, les privilèges concédés sont supprimés. Ce qui surprend le plus, c’est que le bail fut passé en 1777 alors que le roi avait supprimé ces privilèges mais des indemnités sont prévues pour compenser les pertes entraînées par cette suppression. Un autre arrêt, en date du 23 septembre 1777 nomme une commission pour en fixer le montant.

 

Droits et obligation des exploitants

L’ordonnance du 5 juillet 1527 publie le statut des droits et obligations des maîtres de poste. Ceux-ci achèteront leur office les rendant propriétaires de leur voiture et chevaux. En contrepartie ils ont la responsabilité de s’assurer de l’identité des personnes transportées en vérifiant les passeports. De même, la législation concernant les postillons devient plus stricte, une attestation de bonne conduite doit leur être délivré par un échevin et plusieurs réclamations concordantes des voyageurs peuvent entraîner la mise à pied.

Tous n’ont pas les mêmes obligations quant à la vitesse, aux jours et heures de départ, ni au service rendu. Si l’on sait que les voituriers ne paient aucune charge à l’état et que les messagers, eux, doivent lui payer un bail, on comprend vite la situation de concurrence sauvage qui se développe ainsi que l’imbroglio qui en résulte pour les usagers.

Pour y voir plus clair, voici rapidement résumé les droits et obligations des exploitants ainsi que la nature de ce qu’ils transportent.

 

Poste aux chevaux :

Conduite au galop avec guide (postillon) à toute heure et en relais – transporte à titre privé des voyageurs et à titre public les dépêches du gouvernement et de la poste aux lettres.

 

Poste aux lettres :

Transport exclusif des lettres depuis 1719 – emmène les correspondances des particuliers dans tout le royaume.

 

Messageries universitaires, messageries royales :

Transporte les correspondances des particuliers jusqu’en 1719 et d’un point à un autre déterminé. Transporte des voyageurs, des fonds, des prisonniers et des sacs de procédure ainsi que des marchandises n’excédant pas le poids de 50 livres – Obligation d’aller au trot ou au pas, de jour seulement. Départs annoncés et régulier, et pas de relayage autorisé.

 

Coches et carrosses :

Voyageurs et marchandises jusqu’à 50 livres de poids – Au pas ou au trot entre deux soleil. Départs à « jours réglés » sans relais et les chevaux d’un même poil.

 

Diligences :

Marchandises jusqu’à 50 livres et voyageurs– Droit de relayage et départs annoncés.

Chevaux de louage :

 

Cavaliers et voitures – sans guide (pas de postillon), au pas ou au trot à la journée, pas d’annonce des départs, permis exigible pour transporter des personnes quand le fermier des coches ne peut assurer le service.

 

Voituriers :

Marchandises exclusivement et pour un poids supérieur à 50 livres – Interdiction de tenir des registres, d’annoncer des destinations ainsi que d’avoir des entrepôts sur la route.

 

Certains, tels les voituriers ne peuvent transporter que des marchandises ayant un poids supérieur à 50 livres, les diligences, elles, transportant les marchandises jusqu’à 50 livres.

 

« Le commerce de détails se sert bien des voitures publiques…mais seulement pour des articles dont les rouliers ne peuvent se charger car inférieur à 50 livres…Encore souvent les messageries sont-elles privées de ces petits objets… » Lettre du fermier de Vierzon au Surintendant du Berry Archives Départementales du Cher Série C44

Cette diversité accentue la difficulté pour le commun des mortels de voyager ou bien de faire transiter lettres et paquets. C’était très souvent sujet à procès, réclamations, procédures longues et coûteuses. Ainsi, la fraude la plus répandue consistait pour les voituriers, qui ne pouvaient transporter que des marchandises d’un poids supérieur à 50 livres, à rassembler de petits paquets pour en faire un plus lourd. Dès 1679, au vu de ces multiples contraventions à la loi, l’état fait obligation à ceux qui confient leurs envois de remplir eux même les lettres de voiture (Carnet de bord du voiturier), lesquelles doivent alors être décachées.

Vers la fin du XVIe siècle, trois entreprises de messagerie effectuent ce trajet. Les messagers avaient obligation de tenir un registre dans lequel ils devaient mentionner les noms, adresses et poids de ce qui leur étaient confiés. Beaucoup ne le faisaient pas à l’instar d’un dénommé Maréchal à Bourges.

 

« Ce n’est pas d’aujourd’hui que j’entend des plaintes contre les exactions du messager de Bourges à Issoudun. « … » J’ignore de quelle façon le nommé Maréchal pourra se justifier sur le prix des voitures, mais je ne crois pas qu’il trouve une bonne réponse, pour le dispenser de tenir des registres et des feuilles ; il serait le seul de tous les messagers du royaume qui ne fut point assujetti à une formalité aussi importante pour la sûreté des ballots et paquets qui lui sont confiés. Je ne doute pas, Monsieur, que vous ne fassiez un règlement qui réforme cet abus et qui contienne le messager dans les bornes de son devoir. » Série C 43 ADC

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