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Mercredi 13 février 2008


 

Les fermiers généraux percevaient à leurs profits les taxes des lettres, à charge pour eux d’organiser le service postal. Le contrat passé avec l’état était passé sous forme de bail, renouvelable tous les neuf ans et payable chaque année.

 

Mais la période de renouvellement des baux était synonyme d’inquiétude. Les messagers qui postulaient pour un second ou un troisième bail pouvaient, du jour au lendemain, fermer leur entreprise. C’est à la fin du mois de juin, époque de la récolte des foins et du fourrage que la ferme générale des postes annonçait son intention de renouveler les baux. La durée de ces derniers était calquée sur celle que la ferme générale tenait elle-même du roi. Le prix du fermage des routes était plus ou moins élevé suivant la grandeur du domaine d’exploitation. Tout particulier disposant de chevaux et d’une voiture pouvait faire une soumission comme entrepreneur de messagerie.

 

Mais qui étaient ces hommes qui désiraient obtenir un tel bail ? Des bourgeois, des marchands, des voituriers, des maîtres de poste, des aubergistes, des cabaretiers et des hôteliers, des laboureurs, des négociants, des postillons, bref la liste des professions est très large. Car la messagerie n’est pas une activité à part entière, excepté pour les grosses «  entreprises », mais seulement une activité complémentaire. Ainsi, les laboureurs employaient leur cavalerie sur deux activités, le labourage et la messagerie et rentabilisaient les dépenses de leurs exploitations par les recettes générées par la messagerie. De même, les bâtiments nécessaires à l’exploitation des routes n’étaient pas réservés au seul usage de la messagerie, ils servaient également d’habitation, d’auberge. On peut aisément comprendre que les bénéfices engrangés par l’activité postale puissent faire leur fortune.

 

Mais les chances d’obtenir un tel bail n’étaient pas égales pour tous. En plus de solides bases financières, il convenait d’avoir de bonnes recommandations, le temps des intrigues étant alors largement ouvert. En plus des règles générales encadrant la profession de messagers, les entrepreneurs se devaient de respecter les clauses propres au bailleur. Ainsi, ils pouvaient par exemple avoir une clause stipulant qu’ils devaient conduire gratuitement les employés du bailleur, transporter obligatoirement les lettres d’un puissant personnage, tel le prince de condé par exemple.

 

En 1672 avec Louvois, le service des Postes fait l'objet d'un bail applicable à tout le territoire : la ferme générale des Postes. Il confie donc les postes, les relais et les messageries à un fermier général qui va gérer toute l’administration et recevoir tous les produits des postes du royaume moyennant un forfait de 2 700 000 livres. Deux autorités se partageait la direction : le Surintendant général des postes et le fermier général. Le premier négociait les baux, fixait les tarifs, veillait au bon fonctionnement du service postal, le second s’occupait de la mise en œuvre réelle de l’exploitation.

 

Progressivement, le service postal va évoluer et se distinguer par un service tourné vers les marchandises et un autre destiné entièrement aux transport des lettres. Ils vont pourtant restées étroitement liés d’où une grande difficulté à faire la distinction.


A suivre...
 
par faon publié dans : histoire locale communauté : L'écriture dans tous ses états
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Commentaires

Les descendants des fermiers généraux ce sont les gens de l'IUMM, non ?
commentaire n° : 1 posté par : seb (site web) le: 10/03/2008 07:56:02
La question vaut d'être posée ! A tout le moins, il devient évident que cette pratique de caisse noire ne date pas d'aujourd'hui. D'ailleurs, l'Histoire est là pour rappeler que nous n'inventons rien, tou au plus nous aménageons ...
réponse de : enfant des étoiles (site web) le: 11/03/2008 17:41:01

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