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Dimanche 9 mars 2008

 

Les Archives Départementales du Cher ont conservées les comptes de Denis Grassoreille. Il se retrouve avec un bail passé le 17 mai 1777 pour une activité commençant le 1er juin de la même année avec la veuve Herbert comprenant les messagerie et carrosses de Bourges à Orléans, de Bourges à Paris, de Bourges à Vierzon, de Bourges à Chateauroux et de Bourges à Issoudun. Son investissement comprend la construction d’une écurie, l’achat de 8 chevaux, d’un carrosse de huit places et de 4 fourgons pour la somme de 17 400 livres. Dans son moratoire, adressé au roi, pour obtenir l’indemnité promise, il fait part de ses dépenses ainsi que de ses recettes.

Pour cette première année, le bénéfice net dégagé est de 978 livres et 2 sols. Par un premier arrêt du 7 août 1775, les privilèges concédés sont supprimés. Ce qui surprend le plus, c’est que le bail fut passé en 1777 alors que le roi avait supprimé ces privilèges mais des indemnités sont prévues pour compenser les pertes entraînées par cette suppression. Un autre arrêt, en date du 23 septembre 1777 nomme une commission pour en fixer le montant.

 

Droits et obligation des exploitants

L’ordonnance du 5 juillet 1527 publie le statut des droits et obligations des maîtres de poste. Ceux-ci achèteront leur office les rendant propriétaires de leur voiture et chevaux. En contrepartie ils ont la responsabilité de s’assurer de l’identité des personnes transportées en vérifiant les passeports. De même, la législation concernant les postillons devient plus stricte, une attestation de bonne conduite doit leur être délivré par un échevin et plusieurs réclamations concordantes des voyageurs peuvent entraîner la mise à pied.

Tous n’ont pas les mêmes obligations quant à la vitesse, aux jours et heures de départ, ni au service rendu. Si l’on sait que les voituriers ne paient aucune charge à l’état et que les messagers, eux, doivent lui payer un bail, on comprend vite la situation de concurrence sauvage qui se développe ainsi que l’imbroglio qui en résulte pour les usagers.

Pour y voir plus clair, voici rapidement résumé les droits et obligations des exploitants ainsi que la nature de ce qu’ils transportent.

 

Poste aux chevaux :

Conduite au galop avec guide (postillon) à toute heure et en relais – transporte à titre privé des voyageurs et à titre public les dépêches du gouvernement et de la poste aux lettres.

 

Poste aux lettres :

Transport exclusif des lettres depuis 1719 – emmène les correspondances des particuliers dans tout le royaume.

 

Messageries universitaires, messageries royales :

Transporte les correspondances des particuliers jusqu’en 1719 et d’un point à un autre déterminé. Transporte des voyageurs, des fonds, des prisonniers et des sacs de procédure ainsi que des marchandises n’excédant pas le poids de 50 livres – Obligation d’aller au trot ou au pas, de jour seulement. Départs annoncés et régulier, et pas de relayage autorisé.

 

Coches et carrosses :

Voyageurs et marchandises jusqu’à 50 livres de poids – Au pas ou au trot entre deux soleil. Départs à « jours réglés » sans relais et les chevaux d’un même poil.

 

Diligences :

Marchandises jusqu’à 50 livres et voyageurs– Droit de relayage et départs annoncés.

Chevaux de louage :

 

Cavaliers et voitures – sans guide (pas de postillon), au pas ou au trot à la journée, pas d’annonce des départs, permis exigible pour transporter des personnes quand le fermier des coches ne peut assurer le service.

 

Voituriers :

Marchandises exclusivement et pour un poids supérieur à 50 livres – Interdiction de tenir des registres, d’annoncer des destinations ainsi que d’avoir des entrepôts sur la route.

 

Certains, tels les voituriers ne peuvent transporter que des marchandises ayant un poids supérieur à 50 livres, les diligences, elles, transportant les marchandises jusqu’à 50 livres.

 

« Le commerce de détails se sert bien des voitures publiques…mais seulement pour des articles dont les rouliers ne peuvent se charger car inférieur à 50 livres…Encore souvent les messageries sont-elles privées de ces petits objets… » Lettre du fermier de Vierzon au Surintendant du Berry Archives Départementales du Cher Série C44

Cette diversité accentue la difficulté pour le commun des mortels de voyager ou bien de faire transiter lettres et paquets. C’était très souvent sujet à procès, réclamations, procédures longues et coûteuses. Ainsi, la fraude la plus répandue consistait pour les voituriers, qui ne pouvaient transporter que des marchandises d’un poids supérieur à 50 livres, à rassembler de petits paquets pour en faire un plus lourd. Dès 1679, au vu de ces multiples contraventions à la loi, l’état fait obligation à ceux qui confient leurs envois de remplir eux même les lettres de voiture (Carnet de bord du voiturier), lesquelles doivent alors être décachées.

Vers la fin du XVIe siècle, trois entreprises de messagerie effectuent ce trajet. Les messagers avaient obligation de tenir un registre dans lequel ils devaient mentionner les noms, adresses et poids de ce qui leur étaient confiés. Beaucoup ne le faisaient pas à l’instar d’un dénommé Maréchal à Bourges.

 

« Ce n’est pas d’aujourd’hui que j’entend des plaintes contre les exactions du messager de Bourges à Issoudun. « … » J’ignore de quelle façon le nommé Maréchal pourra se justifier sur le prix des voitures, mais je ne crois pas qu’il trouve une bonne réponse, pour le dispenser de tenir des registres et des feuilles ; il serait le seul de tous les messagers du royaume qui ne fut point assujetti à une formalité aussi importante pour la sûreté des ballots et paquets qui lui sont confiés. Je ne doute pas, Monsieur, que vous ne fassiez un règlement qui réforme cet abus et qui contienne le messager dans les bornes de son devoir. » Série C 43 ADC

par enfant des étoiles publié dans : histoire locale communauté : L'écriture dans tous ses états
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